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 Le P.D.G. de la C.M.D.T. invité de l'émission Actu Hebdo du 24 mai 2020 sur l'ORTM1

 



 CAMPAGNE D’EXPLICATION ET DE SENSIBILISATION DES COTON-CULTEURS       

 « Notre priorité, c’est faire en sorte que le producteur puisse bénéficier de sa production au maximum, en tirant le meilleur profit » dixit le PDG de la CMDT

Le Président Directeur Général de la CMDT, Pr Baba Berthé est rentré hier après-midi, d’une visite de terrain de trois (03) jours dans les filiales CMDT Nord-Est et Centre.  En mission du gouvernement auprès des cotonculteurs, il était accompagné par le président par intérim de la Confédération des sociétés coopératives de production de coton, Djiguiba dit Ampha Coulibaly, de l’honorable député sortant Seydou Coulibaly, des cadres de la CMDT et de la C-SCPC.

A Bla, San, Kimparana, Yorosso, Karangana, Koutiala, Dioila et Fana, les deux responsables ont rencontré, échangé, informé les travailleurs et les producteurs sur les prix du coton graine et des intrants agricoles de la campagne agricole 2020/2021 ; et sur les préparatifs de la nouvelle campagne. Il a été aussi question de faire le point du suivi des programmes de livraison et de mise en place des intrants agricoles ; du suivi des aires de stockage de la fibre et des programmes d’évacuation des Balles. Cette mission d’information et de sensibilisation était un exercice complexe pour faire comprendre aux producteurs, le contexte actuel.

C’est une situation exceptionnelle que la filière coton connait depuis maintenant un an avec la baisse des cours mondiaux et la guerre commerciale que se livrent certaines puissances économiques. A cela est venue se greffer la pandémie du coronavirus qui a précipité la baisse des cours mondiaux.

Les prix d’achat de base du coton graine pour la campagne 2020/ 2021 sont fixés, pour le premier choix, à 200 FCFA/kg et 175 FCFA/kg pour le deuxième choix. En plus de ce prix de base, les acteurs et le gouvernement ont convenu de consentir aux producteurs de coton, en lieu et place de la subvention sur les engrais, un bonus de 15 francs sur le prix d’achat de chaque kilogramme de coton graine.

C’est tout cela qu’il fallait expliquer au monde paysan afin qu’il comprenne l’engagement du gouvernement à les accompagner dans cette période difficile. A chaque étape, le Pr Baba Berthé et sa délégation, rendent une visite de courtoisie aux notabilités de la localité visitée.

Après ce préalable utile et nécessaire dans notre société, la délégation va à la rencontre du monde paysan. Il s’agit des producteurs, des acteurs du système coton, des partenaires et des travailleurs. A cette rencontre, le PDG de la CMDT se donne la peine d’expliquer, de long en large, le contenu de la décision n°0034, portant fixation du prix de cession au comptant et à crédit des intrants coton et céréales et des appareils de traitement au titre de la campagne agricole 2020/2021. La parole est ensuite donnée aux représentants des producteurs de coton pour une séquence de questions-réponses. Il va sans dire que le monde paysan adhère totalement à la décision du gouvernement et a même donné l’assurance de continuer la culture du coton quoiqu’il advienne. Cependant dans la filiale centre, les producteurs ont souhaité que pour ce qui concerne le bonus de 15 francs, l’Etat leur donne 35 francs.

Avant de reprendre la route pour Bamako, le PDG de la CMDT, M Baba Berthé a tenu à exprimer ses sentiments : « Notre coton est exporté vers les unités asiatiques. Il va de soi que le Mali ressente le coût à travers les prix d’achat de base du coton graine. Une situation que nous regrettons. Nous n’avons pas le choix. Ce que nous offre le marché international, c’est ce que nous donnerons à nos producteurs. Cette année, on a fixé le prix de base à 200 francs CFA. Si on ne le fait pas conformément au protocole qui lie la CMDT aux producteurs et qui demande de fixer les prix au plus tard le 30 avril, le paysan ne pourra pas prendre la bonne décision. Nous allons céder aux producteurs les intrants au prix d’acquisition majoré de certains frais d’approche. Comparer à la campagne dernière, les prix vont augmenter, sauf que les acteurs de la filière ayant constaté quelques difficultés relatives à la mise en œuvre de la subvention sur les engrais, ont décidé de transformer ou de transférer la subvention sur le prix du coton qui apparaitra comme une sorte de bonus. »

Toujours, selon Baba Berthé, « cette année, le gouvernement a mis à la disposition de la filière, 10 milliards de FCA pour une production de 700 mille tonnes. Chaque producteur recevra un bonus de 15 francs CFA sur l’achat du coton graine. Pour que les exploitations ne soient pas déficitaires, il faut que les producteurs et l’encadrement travaillent à améliorer de façon significative, les rendements à l’hectare. Notre priorité, c’est de faire en sorte que le producteur puisse bénéficier de sa production au maximum, en tirant le meilleur profit »

« Il faut poursuivre cette campagne d’explication et de sensibilisation » selon le PDG de la CMDT et le Président de la confédération, afin que le paysan comprenne que la culture céréalière est intimement liée à la culture du coton.

« Evitons que la désinformation prenne le pas sur la vraie information », a laissé entendre Baba Berthé, visiblement, très satisfait de cette tournée et qui a promis de transmettre aux plus hautes autorités la doléance de 35 francs CFA en lieu et place des 15 francs CFA .

El hadj Tiémoko Traoré, envoyé spécial

 Entretien avec MAMADOU SANGARE, Producteur KOUTIALA P4

Mamadou Sangaré, producteur

 « Nous avons compris que c’est un problème conjoncturel ».  

Nous avons voulu avoir le sentiment d’un des acteurs clé de cette tournée du PDG de la CMDT en zone cotonnière, à savoir les producteurs de coton. Interview exclusive avec Mamadou Sangaré, producteur.

Le Pouce : Que retenez-vous des échanges avec le PDG de la CMDT et le reste de sa délégation ?

Mamadou Sangaré : « Il y a deux éléments qui ont été annoncés. En premier lieu, le prix du coton qui a été fixé à 200 FCFA et la subvention de l’Etat à 15 FCFA, et, en deuxième lieu, le prix des intrants. En ce qui concerne le prix du coton, nous avons compris que c’est un problème conjoncturel. L’année dernière, c’était à 275 FCFA le kilo. Cette année, compte tenu de tous les problèmes liés au coton sur le marché mondial, on ne pouvait que subir cet état de fait. Ce qui est à retenir, c’est la réaction de nos producteurs par rapport au phénomène. Les producteurs ont compris que ce n’est pas le prix qui est important mais le rendement à l’hectare. Quelques années passées, nous évoluons autour de 1 tonne 100 une tonne 50 à l’hectare. Les efforts doivent être faits. Les paysans sont conscients de cela pour atteindre le minimum les 1 tonne 500 à l’hectare. Cela peut un peu résorber la chute libre du coton. Aussi, il faut retenir que quand l’Etat a retiré les subventions sur le prix des intrants, il les a remis sur le coton. Ce qui veut dire que les intrants qui était en déperdition et qui était utilisés pour d’autres secteurs qui n’étaient pas le coton, vont revenir au coton parce que le producteur ne pourra pas payer les intrants au prix actuel.  Et les paysans sont d’accord pour la solution. Les 10 milliards FCFA de l’Etat, seront utilisés comme bonus en raison de 15 FCFA sur le coton et en prévision de la campagne prochaine. Sinon le prix réel que la CMDT et les producteurs ont fixé, était de 200 FCFA. ».

Le Pouce : Êtes-vous satisfait de ces échanges ?

Mamadou Sangaré : « Une très grande satisfaction qui prouve que le président de la République avec l’œuvre du gouvernement, pense aux cotonculteurs et les enjeux menés au coton. Nous ne pouvons que saluer cet état de fait. Les producteurs ont aussi salué cet engagement de l’Etat ».

Tiémoko Traoré, envoyé spécial

 Entretien avec OUMAR DIAKITE, Administrateur Général Filiale NORD-EST de KOUTIALA

 

 OUMAR DIAKITE, Administrateur Général Filiale NORD-EST de KOUTIALA  

« Toutes les dispositions sont prises pour aller à une très bonne campagne agricole »

Le Pouce : Quelle lecture faites-vous de cette visite du PDG de la CMDT ?

Oumar Diakité : « La première proposition, c’est l’information. Vous remarquez que cette visite du PDG a été une visite opportune par rapport à l’information ; par rapport aux prix qui est fixé cette année. Quand on le compare aux prix précédents, il y a une baisse de prix qui est réalisé dans un contexte particulier. Et c’est cela qui a fait l’objet de la présence de cette délégation pour donner plus d’amples informations à tout le monde à ce sujet. Je pense que depuis hier de Bla en passant par San, Yorosso et ici Koutiala, le message a été compris. Et je pense qu’aujourd’hui, tout le monde est prêt à accepter ce prix et à travailler en fonction de ce prix pour relever les défis. La relève des défis c’est par rapport aux coopératives. Je l’ai déjà évoqué. On a déjà fait un prêt par rapport à la mise en place de tous nos intrants de la semence jusqu’aux intrants agricoles, les engrais les pesticides, les appareils même le personnel…, tout le monde est en place. Ce qui est déjà un grand pas. Il ne reste plus qu’à implorer le ciel pour qu’on soit accompagnés d’une très bonne pluviométrie de départ. On a beaucoup été handicapé par le démarrage l’année dernière suite à la mauvaise répartition de la pluie.

Le Pouce : On peut parler de satisfaction ?

Oumar Diakité : « On retient que tout le monde est enthousiaste dans la filiale nord-est à commencer par nos partenaires producteurs. C’est eux qui cultivent le coton. Nous, on est là pour les accompagner. On est tous enthousiastes par rapport à cette campagne et par rapport au prix. Toutes les dispositions sont prises pour aller à une très bonne campagne agricole. Je dis toujours aux producteurs, du courage. Ils sont laborieux. On va les demander toujours d’être encore plus courageux et d’être très attentifs aux conseils qu’on les apporte et d’appliquer les conseils qui sont donnés par l’encadrement.

Tiémoko Traoré, envoyé spécial à Koutiala

 Entretien avec ABDOULAYE SANOGO, Administrateur Général de l’Office de Classement du Coton

  ABDOULAYE SANOGO, Administrateur Général de l’Office de Classement du Coton

« Il ne s’agit pas seulement de former les équipes de récolte mais il faut aussi les suivre »

Lors de la tournée d’information et de sensibilisation initiée par la Direction de la CMDT dans les zones cotonnières, nous avons rencontré M Abdoulaye Sanogo, Administrateur Général de l’Office du classement du coton. Dans un entretien exclusif, il nous explique, sans détour, le rôle de sa structure dans la chaine de production du coton.

 

 

 

Le Pouce : C’est quoi votre l’Office de classement du coton ?

Abdoulaye Sanogo : « L’office de classement du coton c’est là où on fait le classement manuel et instrumental du coton. Il est basé à Koutiala. Au niveau du producteur, il y a ce que l’on appelle le classement primaire qui détermine le premier choix, le deuxième choix et le troisième choix. C’est sur cette base qu’on paie le producteur. Le classement au niveau de l’Office, sert à vendre le coton. Il y a dix types de vente sur la fibre : les 5 premiers types sont des grades supérieurs. Trois autres types sont appelés grades moyens et les deux derniers types sont appelés grades inférieurs. C’est sur ces dix types de fibre qu’on fait la vente du coton. Tant qu’on ne classe pas notre coton après égrainage, on ne peut pas le vendre. C’est à notre niveau qu’on détermine la valeur marchande de la fibre. Si la classe de la fibre est connue, la valeur marchande peut –être déterminée ».

Le Pouce : Qu’est-ce qui a amené la situation d’insatisfaction de la qualité et quelle correction vous comptez y apporter ?

Abdoulaye Sanogo : « Pour la campagne dernière, il y a eu beaucoup de causes. Dans un premier temps, on parlera des difficultés de démarrage de la campagne. Un des facteurs déterminant de la qualité, c’est la longueur de la fibre et la précocité des semis. Si les semis sont précoces, cela peut jouer sur la longueur. L’année dernière, on a eu des difficultés de démarrage de la campagne. La plupart des semis ont été faits au mois de juillet. Dans notre contexte, on appelle semis précoces, tous les semis qui ont été effectués de mai à la dernière décade jusqu’au 30 juin. Au-delà du 30 juin, cela joue carrément sur la longueur de la fibre. L’année dernière, dans toute la zone CMDT, il y a eu des difficultés de démarrage de la campagne. Les semis ont été faits en retard. C’est ce qui a joué sur les longueurs. Sur la qualité même de la fibre, deux facteurs ont joué également. A la récolte, il faut trier le bon coton du mauvais. Au niveau de la plupart des producteurs, le système de tri n’est pas parfait. Le second facteur qui a joué sur l’éclat de la fibre, c’est la conservation. Dans la zone sud de Sikasso, les pluies ont continué jusqu’en début novembre et les cotons éclatés ont été battus par la pluie. Les semis précoces ont été récoltés avec de l’humidité. Ils n’ont pas eu le temps d’être bien séchés avant d’être stockés. Beaucoup de coton a été gardé avec un peu d’humidité. Un mois après, la couleur de ce coton prend le coup. Ce coton, quand on l’égraine, on ne peut pas le mettre dans les grades supérieurs. C’est l’un des facteurs. En somme, les facteurs « récolte et conservation » ont joué sur la qualité de cette campagne ».

Le Pouce : Comment comptez-vous corriger ces lacunes de l’an passé ?

Abdoulaye Sanogo : « On prie Dieu pour qu’il nous gratifie d’une bonne pluviométrie. Il faut suivre les producteurs dans les opérations de récolte. Et c’est ce qui est très déterminant. Il ne s’agit pas seulement de former les équipes de récolte mais il faut aussi les suivre. Si l’encadrement suit les producteurs dans les techniques de récolte, on pourra, en tout cas, améliorer la qualité. A la récolte, quand on sait que le coton est humide, il faut l’exposer au soleil au moins 3 jours avant d’aller stocker. Avec une diminution du taux d’humidité de la fibre, on peut la conserver pendant longtemps ».

Tiémoko Traoré, envoyé spécial

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